PIB et données macro-économiques

L'économie calédonienne entre résilience et recherche de nouveaux équilibres

Après plusieurs années fastes, l’économie calédonienne s’inscrit depuis 2012 dans un contexte plus incertain. La Nouvelle-Calédonie puise toutefois une capacité de résilience au cœur des réserves qui ont consolidé le tissu économique local tout au long de la précédente décennie, bénéficiant d’apports extérieurs que les acteurs économiques publics et privés ont su faire fructifier.

De ce nouveau contexte - marché du nickel incertain, tensions sur le marché de l’emploi, croissance des recettes publiques atone, etc. - devront se dégager de nouveaux équilibres. Quelles sont les mesures mises en place par la Nouvelle-Calédonie pour assurer la traversée d’une période transitoire de durée incertaine ? Quels sont les indicateurs nécessitant une vigilance particulière ? Quelles sont les ressources dont la Nouvelle-Calédonie dispose pour faire face au ralentissement de la conjoncture économique ? A quels enjeux est-elle confrontée ?

Tels sont les principaux thèmes abordés dans cette étude qui fait suite aux Défis de la croissance calédonienne.

 


 

Lexique
  • Balance commerciale
  • Branche
  • Branche d'Unité Fictive (BUF)
  • Comptes économiques
  • Comptes économiques rapides
  • Consommation finale du secteur public
  • Consommations intermédiaires (CI)
  • Correction CAF / FAB
  • Correction territoriale
  • Croissance apparente / croissance réelle
  • Dépense de consommation finale des ménages
  • Exportations
  • Formation brute de capital
  • Formation brute de capital fixe (FBCF)
  • Importations
  • Impôts sur les produits
  • Marge commerciale
  • Prix de base / prix d'acquisition
  • Produit Intérieur Brut (PIB)
  • SEC 95
  • SIFIM
  • Subventions sur les produits
  • Tableau Entrées-Sorties (TES)
  • Valeur ajoutée (VA)
  • Variations de stocks
Balance commerciale

La balance commerciale retrace la valeur des biens exportés et importés. En Nouvelle-Calédonie, elle comprend uniquement les échanges de marchandises : les échanges de services sont exclus. Le solde de la balance commerciale est la différence entre la valeur des exportations (E) et celle des importations (I) de biens (E-I). Une balance commerciale excédentaire signifie qu'un pays exporte plus de biens qu'il n'en importe : il y a excédent commercial.
Inversement, une balance commerciale déficitaire signifie qu'un pays importe plus de biens qu'il n'en exporte : il y a déficit commercial.

Branche

Une branche d'activité regroupe des unités ayant la même activité principale (industries agro-alimentaires, production d'énergie, BTP…).

Branche d'Unité Fictive (BUF)

voir SIFIM (Services d'Intermédiation Financière Indirectement Mesurés)

Comptes économiques

Les comptes économiques s'intéressent à la création de richesses par l'homme, à leur répartition et à leur utilisation. Réalisés en conformité avec les normes internationales définies par l'ONU, ils s'attachent à donner une description schématique et quantifiée des échanges économiques au sein d'un pays et avec l'extérieur.
Leur élaboration débouche sur le calcul des principaux agrégats macro-économiques comme le produit intérieur brut (PIB), la consommation des ménages ou l'investissement.

Comptes économiques rapides

Les comptes économiques rapides fournissent une estimation du produit intérieur brut (PIB) et des principaux agrégats macroéconomiques (consommation, investissement, importations, exportations) des années récentes. Ces résultats sont revus au fur et à mesure de la disponibilité de nouvelles sources d'information, jusqu'à la publication des comptes définitifs.

Consommation finale du secteur public

La consommation finale du secteur public correspond à ses dépenses pour acquérir des biens ou services utilisés pour la satisfaction directe des besoins individuels (enseignement, soins de santé...) ou collectifs (justice, défense...) des membres de la communauté.

Consommations intermédiaires (CI)

Les consommations intermédiaires sont les biens et services transformés ou entièrement consommés au cours d'un processus de production. Par exemple, la farine et l'électricité sont des consommations intermédiaires utilisées dans le processus de production du pain.
= Achats de marchandises et matières premières + variation de stock + frais sur achats + autres achats et charges externes.
Pour le commerce (hors réparation), les consommations intermédiaires correspondent uniquement aux autres achats et charges externes (la marge commerciale prenant déjà en compte les autres achats).

Correction CAF / FAB

Les importations sont comptabilisées à valeur CAF (coût assurance frêt). Ces valeurs sont aussi comptabilisées dans les importations de services (transport et services financiers). La correction CAF/FAB permet de corriger ce double compte.

Correction territoriale

Dans les comptes économiques, la correction territoriale mesure la consommation finale des ménages réalisée hors du territoire (achats de souvenirs ramenés de l'étranger, par exemple).
Elle est mesurée par la différence entre les dépenses des Calédoniens effectuées hors du territoire (considérées comme des importations) et les dépenses des non-résidents effectuées sur le territoire (considérées comme des exportations).

Croissance apparente / croissance réelle

La croissance économique désigne la variation de la richesse produite par une économie sur une période donnée, généralement l'année. En pratique, l'indicateur le plus utilisé pour la mesurer est l'évolution du produit intérieur brut (PIB).
Si la croissance est de 10%, cela peut signifier que l'on a produit 10% de plus, ou que les prix ont augmenté de 10%. Il s'agit d'une croissance apparente, dite aussi nominale ou en valeur.
La croissance réelle est quant à elle mesurée hors inflation, c'est-à-dire sans tenir compte de l'impact de l'évolution des prix. Elle correspond à la seule évolution des volumes produits.

Dépense de consommation finale des ménages

Agrégat utilisé en comptabilité nationale, qui correspond à l’ensemble des biens et services “consommés” par les ménages. Elle comprend les dépenses d’alimentation, d’habillement, de logement, de santé, d’éducation, de loisirs etc. L’achat d’un logement n’est pas pris en compte dans la dépense de consommation finale. Cette dépense est incluse dans la formation brute de capital fixe des ménages.

Exportations

Les exportations sont des opérations (ventes, troc, dons ou transferts) par lesquelles des résidents fournissent des biens et des services à des non-résidents. Les exportations sont recensées d’après leur valeur en douane sur la base des factures FAB (Franco A Bord), comprenant les frais de transport jusqu’au passage en douane, à l’exclusion de ceux encourus hors de la Nouvelle-Calédonie, pour acheminer la marchandise jusqu’au destinataire.

Formation brute de capital

La formation brute de capital est la somme de la formation brute de capital fixe (FBCF) et de la variation des stocks. C'est une façon d'approcher l'investissement.

Formation brute de capital fixe (FBCF)

La formation brute de capital fixe (FBCF) mesure les investissements réalisés dans une économie.
Elle est constituée par :

  • les achats de logement réalisés par les ménages ;
  • les achats d'actifs fixes effectués par les entreprises et le secteur public, en déduisant le montant des éventuelles reventes.

Les actifs fixes sont des biens produits par l'homme, et utilisés plus d'un an dans un processus de production : bâtiments, machines industrielles, engins BTP, routes, logiciels...

Importations

Les importations sont des opérations (ventes, troc, dons ou transferts) par lesquelles des non résidents fournissent des biens et des services à des résidents. Les importations sont recensées d’après leur valeur en douane sur la base des factures CAF (Coût, Assurance, Fret), c’est-à-dire qu’au prix du produit sont ajoutés les frais de transport et d’assurance nécessaires à son acheminement vers la Nouvelle-Calédonie. Ne sont en revanche pas intégrées, les différentes taxes douanières qui s’appliquent au produit lorsqu’il entre en Nouvelle-Calédonie, selon le tarif en vigueur.

Impôts sur les produits

Les impôts sur les produits sont des impôts dont le montant dépend de la quantité de biens et services produite ou importée.
En Nouvelle-Calédonie, les principaux impôts sur les produits sont les différents droits et taxes à l'importation, la taxe de solidarité sur les services (TSS), les droits d'enregistrement et de timbre, la taxe sur les alcools et tabacs, la taxe sur les spectacles et les jeux.

Marge commerciale

La marge commerciale est la différence entre les ventes de marchandises et leur coût d'achat. La marge commerciale est aussi appelée marge brute et n'est calculée que pour les entreprises du secteur commerce (activité principale) hors réparation automobile et de motocycles

Prix de base / prix d'acquisition

Le prix d'acquisition correspond au montant payé par un acheteur pour acquérir un bien ou un service.
Au sens des comptes économiques, il est constitué du prix de base, qui est le prix reçu par le producteur, auquel s'ajoutent les marges de commerce et de transport, les impôts sur les produits, et s'enlèvent les subventions sur les produits.

Produit Intérieur Brut (PIB)

Le produit intérieur brut (PIB) mesure la richesse créée par une économie au cours d’une période donnée. Calculé chaque année en Nouvelle-Calédonie, il permet de suivre l’état de santé de l’économie et de mesurer l’évolution de l’activité économique.
Il peut se définir de trois manières :

  • Approche production : le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées brutes des différentes branches d'activité, plus les impôts sur les produits, moins les subventions sur les produits ;
  • Approche emplois : le PIB est égal à la somme des emplois finals intérieurs de biens et de services (consommation finale, formation brute de capital fixe, variations de stocks), plus les exportations, moins les importations ;
  • Approche revenus : le PIB est égal à la somme des emplois des comptes d'exploitation des secteurs institutionnels : rémunération des salariés, impôts sur la production et les importations moins les subventions sur la production et les importations, excédent brut d'exploitation et revenu mixte (cette dernière approche n'est pas calculée en Nouvelle-Calédonie, faute de données sources suffisantes).
SEC 95

Le Système Européen des Comptes nationaux et régionaux (SEC 1995) est un cadre comptable applicable au plan international. C'est une adaptation européenne du Système de Comptabilité Nationale des Nations-Unies de 1993 (SCN 93).
Il permet de décrire de façon systématique et détaillée ce que l'on appelle une «économie totale» (c'est-à-dire une région, un pays ou un groupe de pays), ses composantes et ses relations avec d'autres économies totales.
C’est la méthodologie appliquée pour la réalisation des comptes économiques de la Nouvelle-Calédonie.

SIFIM

Les Services d'Intermédiation Financière Indirectement Mesurés (SIFIM) représentent la part des services rendus par les intermédiaires financiers (les banques, par exemple) qui n'est pas facturée à la clientèle. Pour ces services, les intermédiaires financiers se rémunèrent en prenant une marge de taux d'intérêt sur les dépôts de leurs clients et sur les prêts (crédits) qu'ils leur accordent. (Nb : l'autre partie des services rendus par les intermédiaires financiers est facturée sous diverses formes : commissions de transfert, frais de tenue de compte, etc.).
Dans les comptes de Nouvelle-Calédonie, les SIFIM sont estimés et comptabilisés comme consommation intermédiaire de la Branche d'Unité Fictive (BUF), créée uniquement à cette fin.

Subventions sur les produits

Les subventions sur les produits sont des subventions versées par le secteur public, et dont le montant dépend de la quantité de biens et services produite ou importée.
En Nouvelle-Calédonie, les subventions sur les produits sont principalement constituées de subventions au secteur agricole versées par l'Etablissement de Régulation des Prix Agricoles (ERPA).

Tableau Entrées-Sorties (TES)

Le tableau d'entrées-sorties (TES) est un des tableaux des comptes économiques. Il analyse chacun des produits intervenant dans l'économie calédonienne  (minerais de nickel, produits des industries agro-alimentaires, BTP...) selon son origine (production nationale ou importation) et sa destination (consommation finale, exportation, investissement).
Pour chaque produit, le TES établit l'équilibre comptable ressources-emploi :
     Ressources = Production + Importations + Marges commerciales + Impôts sur les produits - Subventions sur les produits
     = Emplois = Consommations intermédiaires + Consommation finale + Investissement (FBCF) + Exportations + Variations de stocks.
Pour chaque branche, le TES établit la valeur ajoutée :
     Valeur ajoutée = Production - Consommations intermédiaires

Valeur ajoutée (VA)

Solde du compte de production. Elle correspond à la création de richesses. Elle est égale à la valeur de la production diminuée de la consommation intermédiaire. Celle-ci représente la valeur des biens et services transformés ou entièrement consommés au cours du processus de production. Exemple : Pour faire du pain, un boulanger a notamment besoin de farine et d’électricité. Ce sont les consommations intermédiaires (CI), utilisées pour la production (P) du pain. La production du boulanger, c’est le pain. Pour déterminer la richesse créée, appelée valeur ajoutée (VA), il faut soustraire du prix du pain le montant des consommations intermédiaires, la farine et l’électricité.

Variations de stocks

La variation des stocks correspond à la valeur des entrées en stocks diminuée de la valeur des sorties de stocks et des éventuelles pertes courantes sur stocks.