Etudes & synthèses

Les "Synthèses" traitent de sujets d'études socio-économiques à grands enjeux pour la Nouvelle-Calédonie et présentent les résultats d'études ou d'enquêtes menées par l'ISEE : les salaires, les comptes économiques, le Recensement de la population, les résultats économiques des entreprises, etc ... . Ces publications de quatre à huit pages offrent une analyse économique et statistique experte et accessible au grand public.

 

 

En 2011 et 2012, les comptes du secteur public de Nouvelle-Calédonie s'améliorent après deux années de tension. Les recttes publiques (+13,1 %) progressent plus rapidement que les dépenses (+10,7 %), permettant de dégager une capacité de financement de 13,2 Mds F.CFP en 2012.

Les recettes fiscales notamment les impôts sur les revenus et la TSS ont été soutenues par la conjoncture favorable des années précédentes. Les collectivités ont en outre contenu leurs dépenses de fonctionnement en maîtrisant leur masse salariale. Les dépenses d'investissement sont au contraire restées bien orientées, stimulées par l'entrée en construction du futur médipôle. Leur financement, en partie soutenu par l'emprunt, a toutefois entraîné une très forte hausse de la dette publique (+36 %).

Cette embellie des comptes publics en 2011 et 2012 apparait néanmoins précaire. Dès 2013, les finances publiques souffrent de la brutale dégradation de la conjoncture.

 

En 2010, profitant des effets d'entrainement des projets métallurgiques et dans un contexte de rebond des cours du nickel, l'activité des entreprises a progressé de 9% tandis que l'inflation s'élevait à 2,7%. Les entreprises privées des secteurs du commerce, de la construction, des services et de l'industrie (hors métallurgie) ont ainsi injecté 352 milliards de F.CFP de valeur ajoutée dans l'économie calédonienne. Chaque emploi salarié coûte en moyenne 6 millions de F.CFP par an à son employeur et correspond à 9,3 millions de F.CFP de valeur ajoutée. La création de richesse par emploi a ainsi progressé de 5% en 2010, permettant aux entreprises de réaliser des gains de productivité tout en accroissant leurs effectifs salariés. Grâce aux bons résultats de l'industrie minière, l'excédent brut d'exploitation a progressé plus vite que les charges de personnel, ce qui a favorisé le taux de marge des entreprises.Finalement, la profitabilité financière des entreprises s'établit à 5% de leur chiffre d'affaires, légèrement inférieure à la moyenne nationale.

« Que de temps perdu dans les transports ! », se lamentent chaque jour les habitants du Grand Nouméa immobilisés dans leur automobile. En semaine et hors vacances scolaires, ils consacrent effectivement en moyenne 63 minutes chaque jour à leurs déplacements. Cette durée de transport est certes frustrante mais elle est pourtant à peine supérieure à la moyenne nationale. Cependant, un habitant sur sept est contraint à plus de deux heures de transport quotidiennement. Les Grand-Nouméens ont massivement recours à la voiture au détriment des transports collectifs. Ils se déplacent principalement pour le travail et les études, mais aussi souvent pour transporter leurs proches. La ville de Nouméa concentre 80% des emplois et des déplacements de l’agglomération, ce qui se traduit par la saturation régulière de ses voies d’accès aux heures de pointe.

En 2009 et 2010 la situation des finances publiques en Nouvelle-Calédonie s'est fragilisée. Sur ces deux années, l'augmentation des dépenses publiques (+11 %) est deux fois plus rapide que celle des recettes (+6 %). L'endettement des collectivités atteint 42,3 milliards de F.CFP.

La conjoncture économique du nickel et la baisse des importations pénalisent le rendement des impôts en 2009, tandis que les transferts métropolitains stagnent depuis 2008. A l'inverse, les dépenses publiques demeurent soutenues : les collectivités continuent d'investir et leurs dépenses de fonctionnement ne ralentissent que modérément.

Le compte du secteur public reste toutefois légèrement positif avec une capacité de financement de 2,1 milliards de F.CFP en 2010. Le dynamisme du secteur privé et les récentes réformes des régimes sociaux ont contribué à préserver l'équilibre des finances publiques.

Le nombre de personnes âgées s’est considérablement accru au cours de la dernière décennie. Leur niveau de vie ainsi que leur état de santé sont en constante amélioration. Malgré le développement de la prise en charge en institution, il demeure néanmoins des situations de dépendance à domicile. En 2012, on dénombre 650 personnes âgées dépendantes en province Sud, dont une partie très lourdement. Très attachés à leur logement, les seniors ne s’imaginent pas vieillir ailleurs. Pourtant, le maintien à domicile n’est pas sans contrainte, notamment à l’égard des aidants familiaux.

En 2013, un adulte sur quatre âgé de 16 à 65 ans, éprouve des difficultés dans les domaines fondamentaux de l’écrit. Ces difficultés sont graves ou fortes pour 18 % de la population. L’illettrisme frappe ainsi 29 000 personnes en Nouvelle-Calédonie. Le parcours scolaire est le principal déterminant des carences en français. Cependant, la situation calédonienne face à l’écrit est moins défavorable que dans la plupart des départements d’outre-mer. À l’inverse, en matière de calcul, les performances des Calédoniens sont préoccupantes, y compris pour les jeunes générations. C’est aux Îles Loyauté que les lacunes sont les plus fréquentes quel que soit le domaine de compétence évalué.

 

Après avoir sévèrement marqué le pas en 2012, l’économie calédonienne n’est pas encore sur la voie de la reprise au 1er semestre 2013. Sa santé reste incertaine. Certes, l’activité liée au nickel se porte bien mais elle rapporte moins, suite au repli des cours mondiaux du nickel. L’emploi salarié est en berne ce semestre : les entreprises calédoniennes n’ont jamais créé aussi peu d’emplois. Ce climat économique moins favorable incite les acteurs économiques à la prudence. Les ménages soucieux de leur pouvoir d’achat, modèrent leur consommation.

L’alimentation pèse lourd dans le budget des ménages pauvres. Pour eux, cette dépense de subsistance dépasse largement celle liée au logement ou aux transports. Néanmoins, une part importante de leur consommation alimentaire est assurée par leur propre production de fruits et légumes ou par les produits de la chasse et la pêche.

À l’inverse, le logement grève modérément le budget des ménages les plus modestes car très peu sont engagés dans le remboursement d’un crédit immobilier ou le paiement d’un loyer. En zone urbaine, les ménages exposés à la pauvreté ont des ressources un peu supérieures, mais ils peuvent difficilement se soustraire à la consommation marchande.

En 2010, le salaire net médian s’élève à 204 000 F.CFP par mois. De 2007 à 2010, les rémunérations ont augmenté de 8,5%, plus rapidement que l’inflation (+6,7%). Corrigés de l’inflation, les salaires médians ont ainsi gagné 0,6% par an. Ces gains de pouvoir d’achat salarial sont beaucoup plus importants pour les salariés en poste d’une année sur l’autre : 3,0% par an.

L’augmentation globale des rémunérations a surtout profité aux bas salaires, stimulés par les “coups de pouce” sur les minima salariaux. Ce mouvement a contribué à une légère réduction des inégalités salariales qui demeurent néanmoins marquées.

En moyenne plus qualifiés, les emplois du secteur public demeurent deux fois mieux rémunérés que ceux du privé. Néanmoins, les salaires distribués par le secteur privé ont augmenté plus vite entre 2007 et 2010.

Par ailleurs, le salaire médian des femmes reste en 2010 de 9% inférieur à celui des hommes et l’écart s’est même accentué entre 2007 et 2010.